Démantèlement des leviers de développement régional

Lettre ouverte de Gilles Chapadeau, conseiller régional FTQ

Voilà bientôt 17 mois que j’assiste, comme l’ensemble des citoyens de la région, au démantèlement des leviers de développement régional construits à la sueur du front et à l’huile de bras de milliers de femmes et d’hommes qui ont porté et défendu ce que nous sommes en Abitibi-Témiscamingue. Comme plusieurs j’assiste, indigné et, admettons-le quelque peu impuissant, au déni et au reniement des valeurs de la société québécoise et à la destruction d’un modèle admiré à travers le monde. J’ai des haut-le-cœur quand je vois que l’idéologie libérale veut littéralement détruire ce qu’il a fallu plus de 60 ans à construire. Les libéraux pratiquent une politique de terre brûlée sensiblement inspirée des conservateurs fédéraux de Stephen Harper.

Bien évidemment, nous ne sommes pas en reste avec notre servile ministre régional Luc Blanchette qui, lors de la sortie des représentants des parents et des éducatrices du CPE Jardin de Pierrot, nous a fait l’honneur de répondre avec sa grande sagesse que « les CPE qui sont bien gérés n’ont pas de problème avec les coupures ». Que sait-il de la gestion du CPE en question puisqu’il n’y a jamais mis les pieds en tant que député? Comment devenir ministre peut-il soumettre un homme à l’idéologie toxique d’un parti au point de lui faire renier ses propres croyances et l’encourager à s’attaquer aveuglément à ceux et celles qui, malgré la situation difficile dans laquelle le gouvernement les places, font des efforts surhumains pour donner tous les services nécessaires aux enfants?

Au lieu d’être à l’écoute, le ministre réplique en alignant une série de chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité que vivent ceux et celles qui ont comme mission d’éduquer et de prendre soin des enfants qui leur sont confiés. S’attaquer au messager plutôt qu’au message livré par les citoyens qu’il se doit de représenter n’est rien d’autre, en fait, que la démonstration de son ignorance et son aveuglement volontaire face aux impacts des décisions de son gouvernent.

Il est bien triste de constater à quel point le député est déconnecté de la réalité terrain et à quel point il peut être méprisant à l’endroit de ceux et celles qui osent exprimer un point de vue qui va à l’encontre des politiques de son gouvernement. Au pays des libéraux, tout n’est qu’apparence et image bien soignée. La réalité pas toujours très rose des éducatrices et des parents d’enfants avec des besoins particuliers n’a pas sa place dans le portrait parfait que dressent les élus libéraux. Les voix dissidentes doivent être tues, marginalisées et relayées au placard pour ne pas salir le mirage libéral qui soutient que tout va bien, dans le meilleur des mondes, qu’on peut compresser et ponctionner dans chaque mission de l’état sans conséquence, sans couper les services.

Monsieur Blanchette, vous avez peut-être renié votre vie d’avant votre élection et abdiqué toute forme de courage et de conviction profonde, cela vous appartient. D’ailleurs, plusieurs intervenants du milieu socioéconomique ont constaté ce fait et se désolent de vous voir si peu libre d’esprit, à vous réfugier derrière les lignes de parti, à vous cacher derrière la solidarité ministérielle pour excuser votre inaction. Vous m’avez ciblé personnellement sans raison et vous avez tenté de discréditer la démarche légitime d’une famille, d’un CA et de l’ensemble d’un CPE par simple partisannerie. Eh bien oui, monsieur Blanchette, j’ai encore une fois représenté dignement les travailleuses et les familles touchées par les coupures de votre gouvernement. Au lieu de vous indigner sur le fait que je fasse mon travail en représentant mes membres, je vous suggère de faire le vôtre, d’agir comme je le fais et de représenter ceux et celles qui vous ont élu au lieu de vous faire le porte-parole de l’austérité libérale qui s’attaque aux familles et aux enfants. Je vous recommande également de défendre le réseau des CPE au lieu d’être un complice silencieux des intentions très claires avouées par la ministre de la Famille qui dit ne voir aucune différence entre le réseau public et le réseau privé.