Deuxième vague de grève en Front commun pour l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec

Quelque 2000 personnes provenant de toute la région manifestaient à Rouyn-Noranda le 9 novembre 2015. Photo : Conseil régional FTQ Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec

Rouyn-Noranda, le 9 novembre 2015 – Alors que le gouvernement libéral maintient des offres inacceptables, près de 9500 travailleuses et travailleurs membres du Front commun feront deux journées de grève en Abitibi-Témiscamingue cette semaine. Il en va de même pour le Nord-du-Québec, où 4800 salarié-es seront en grève.

«Plus d’un an après le début des négociations, le Conseil du trésor ose nous remettre de nouvelles offres sans aucune concession quant à nos préoccupations par à rapport à l’appauvrissement et à la perte d’expertise dans le secteur public, dénonce la vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Francine Lévesque. Face au mépris et à l’arrogance du ministre Coiteux, il nous faut poursuivre la grève, dernier moyen à notre disposition afin de préserver l’accès à des services de qualité pour la population de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec».

Aux yeux des syndicats, le gouvernement ne semble pas réaliser les conséquences qu’auront ses offres sur les services publics. Celles-ci doubleraient le retard de rémunération des salariés des services publics, précipiteraient les départs à la retraite et appauvriraient les femmes, qui occupent 75% des postes dans le secteur public. Ainsi, les syndicats dressent de nouveau les piquets de grève cette semaine afin d’obtenir de véritables améliorations aux tables de négociation.

«Toujours aucune entente visant à régler des problématiques en lien avec les conditions de travail et qui permettrait au personnel de fournir les services de qualité dont la population a besoin. Bien pire, ses objectifs budgétaires ne cessent de limiter leur accès et d’augmenter la charge de travail. Le personnel est à bout de souffle et découragé de travailler avec toujours moins de moyens et de ressources. Rien pour rendre attrayant les réseaux publics, ce qui occasionnera nécessairement une pénurie de main d’oeuvre à moyen terme», dénonce Sylvie Godin, répondante politique APTS et responsable régionale du SISP.

«Les propositions gouvernementales sont très inquiétantes pour l’économie régionale, met en garde le conseiller régional pour la FTQ, Gilles Chapadeau. Un gel salarial de deux ans représente d’importantes sommes qui ne seront pas injectées en Abitibi-Témiscamingue. Les reculs exigés par rapport au régime de retraite sont tout aussi préoccupants et risquent d’accélérer les départs massifs à la retraite. C’est toute la région qui risque de souffrir de l’inflexibilité du gouvernement et nous invitons la population à appuyer le Front commun dans cette lutte pour nos services publics.»

L’information quant aux établissements où s’exerceront la grève et les dates auxquelles celle-ci aura lieu dans chacune des régions du Québec est disponible au www.frontcommun.org/greve

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.