Et si on revenait au dialogue

Lettre ouverte de Gilles Chapadeau, conseiller régional FTQ Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec

Depuis l’élection des libéraux de Philippe Couillard, bien qu’ils aient promis transparence et proximité, nous assistons à tout le contraire. Ce que nous voyons, c’est un premier ministre arrogant, des ministres tout aussi condescendants et méprisants à l’endroit de ceux et celles qui osent s’opposer.

En santé, le ministre Barrette est en train de rendre tout le monde malade dans le système. Il impose une cadence dangereuse, prend seul ses décisions et légifère sans considérer les professionnels, les hauts dirigeants et les experts. Exit les associations d’établissements, le commissaire à la santé et au bien-être et toutes autres voix discordantes. Du côté de l’agriculture, on nous offre la même médecine. Récemment, à la suite des sorties médiatiques de l’UPA, le ministre Paradis a brandi la menace de mettre fin au «monopole syndical» sans oublier le banquier de service, ministre des Finances du Parti libéral qui, talonné par l’opposition à propos des dépenses en informatique, a lancé un «shut up» bien senti en plein Salon bleu.

Ces exemples de mépris et d’arrogance ne manquent pas. En démocratie, n’est-il pas normal que des gens, des groupes, posent des questions, expriment publiquement leur désaccord? N’est-il pas normal également que ceux et celles qui ne sont pas d’accord puissent vouloir rencontrer la personne qui a été élue pour les représenter? Un élu n’a-t-il pas la responsabilité et le devoir d’entendre l’ensemble des citoyens et citoyennes, même ceux qui expriment leur désaccord? Pourquoi Luc Blanchette a-t-il peur de rencontrer les groupes qui s’opposent à ses positions et à celles de son gouvernement? Quelle est sa conception de la démocratie? Pourquoi fuir ou faire appel aux forces policières pour réprimer chaque voix, chaque personne qui osent exprimer leur divergence?

L’utilisation de la force est, à mon avis, un signe de grande faiblesse. Dans les cours d’école on appelle ça de l’intimidation, du «bullying» et on fait tout pour apprendre aux enfants qu’écraser l’autre pour s’affirmer et se tenir debout, ce n’est pas l’exemple à suivre. Depuis le début de son mandat, monsieur Blanchette ne nous a démontré rien d’autre que la faiblesse de son argumentaire et le peu d’intérêt qu’il a à défendre le bien commun et l’intérêt supérieur des hommes et des femmes de la région. Depuis maintenant deux ans, il se faufile, se défile et profile politiquement ce qu’il considère comme ses adversaires, comme le veut la petite école libérale du gouvernement Couillard. Il utilise la force et tous les moyens à sa disposition pour protéger sa chaise, son orgueil, son parti au détriment de toute une population à qui il ne semble pas devoir grand-chose, à le regarder aller.

Pour le député, il n’est pas trop tard pour amender sa conduite, s’élever au-dessus de la mêlée et prendre conscience que, lorsque élu, le député devient le député de tous et toutes, même de ceux qui diffèrent d’opinion. D’autres avant lui ont occupé cette fonction, mais aucun de ceux-ci n’ont agi de cette façon, jamais ils n’ont regardé les opposants avec un tel mépris, jamais ils n’auront fait preuve d’aussi peu de compassion et d’écoute. Il n’est pas trop tard non plus pour reprendre un véritable dialogue avec les groupes, avec les citoyens et citoyennes, en fait, il n’est pas trop tard pour se démarquer du reste de ses collègues et devenir un vrai représentant des intérêts de ceux et celles qu’il est supposé représenter, sinon l’histoire retiendra qu‘il aura été un fidèle représentant du Parti libéral et un praticien d’une médecine dictée par le médecin en chef.