Hypothéquer notre avenir par des surplus budgétaires réalisés sur le dos des plus vulnérables…


Un texte de Gilles Chapadeau, conseiller régional FTQ en Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec


Aujourd’hui, le ministre des Finances se lèvera à l’Assemblée nationale et annoncera avec satisfaction que son gouvernement a réussi à dégager des surplus budgétaires. Cet excédent ne provient pas de la prospérité ni du fruit d’un développement économique en plein essor. Non, depuis plus de 2 ans et demi, on a mis en pièces le modèle québécois, abandonné les régions et élargi les mailles, déjà fragiles, de notre filet social. On a littéralement saboté des leviers et des organismes dans lesquels nous avons collectivement investi, afin de les mener à maturité et en tirer leur plein potentiel. Par simple et pure idéologie, on a détruit ce qui a pris des années à construire. On se débarrasse de tout, pourvu que cela rapporte aujourd’hui. C’est littéralement ce qui s’est passé pour les CLD, les CRÉ, les CPE, les directions régionales de certains organismes et ministères et j’en passe.

Ne pas se réjouir trop vite

Mettons tout de suite en garde tous ceux et celles qui seraient portés à se réjouir par l’annonce du surplus budgétaire découlant d’un tel saccage. Avant de féliciter aveuglément et complaisance ce gouvernement, il faudrait d’abord comprendre et savoir d’où proviennent ces surplus. J’imagine déjà le sourire aiguisé et la bouche salivante de Philippe Couillard à la période des questions, répondre qu’il fallait assainir les finances publiques, s’occuper des vraies affaires, mettre en place une saine gestion et rompre avec les mauvaises habitudes des gouvernements précédents (rappelons-nous que les gouvernements précédents impliquent principalement les mêmes libéraux sous Jean Charest de 2003 à 2012), et qu’il dit faire cela afin de ne pas laisser aux générations futures des déficits budgétaires qui mettraient en danger la qualité et la pérennité de nos services publics. La cassette enraillée sur la «rigueur budgétaire» qui nie toute forme d’austérité, qu’il nous joue sans relâche depuis qu’il est au pouvoir.

Un coût humain

Or, cette opulence et ces surplus dans lesquels baigne le gouvernement cachent bien mal leur origine. Ceux et celles qui ont été les victimes de ce gouvernement sans cœur auront, j’en suis convaincu, une tout autre version des faits. Les plus démunis de notre société, les enfants dans les CPE, les élèves dans des écoles en piteux état, nos personnes âgées qui ont dû se contenter d’un bain par semaine, les malades dans les hôpitaux, les réformes hostiles à l’aide sociale, la réduction des enveloppes pour développer le logement social et l’ensemble des Québécoises et Québécois qui ont subi des augmentations de tarifs injustifiées, la liste est longue. Si seulement ceux et celles qui seraient tentés de saluer les efforts du gouvernement se donnaient au moins la peine de lire, entre autres, le dernier rapport du protecteur du citoyen qui affirme que l’accès aux services a grandement diminué dans tous les secteurs des services publics, en plus d’avoir contribué à augmenter les inégalités et l’exclusion sociale. Peut-être comprendraient-ils que ces surplus ont été générés de façon irresponsable et sans égard aux conséquences sur les plus démunis de notre société. Ces surplus budgétaires n’ont pas généré de la prospérité, mais bien de la misère humaine qui coutera cher à l’ensemble de la société, mais qui n’apparaîtra dans aucune colonne de chiffres de ce gouvernement.

Gageons que très bientôt, le PLQ jouera au père Noël et le fera sans aucun gène et que la saison des annonces, des pelletés de terre et des coupages de ruban est à nos portes. Honte au Parti libéral et à son gouvernement sans cœur, ni compassion et à tous ceux et celles, qui comme nos élus libéraux en région, se sont fait les complices de ces coupures inhumaines et insensées.