Journée mondiale sur le travail décent La reprise de l’emploi doit être au rendez-vous

(ROUYN-NORANDA, le 7 octobre 2010) – La FTQ, la CSN et la CSQ soulignent, en ce 7 octobre, la Journée mondiale sur le travail décent instaurée à l’initiative de la Confédération syndicale internationale, la CSI. Cette journée se déroule cette année dans un contexte de lente reprise. Peu de signes indiquent, en effet, la fin de la crise de l’emploi. Chaque perte d’emploi est un drame humain. Devant la crise forestière vécue depuis quelques années en région où des emplois de qualité sont disparus, peu de signes indiquent la fin de cette crise. D’ailleurs, le taux de chômage est passé de 7.6 % en 2008 pour atteindre 9.5 % en 2009, faisant plonger plusieurs familles dans la pauvreté.

Afin de pouvoir donner un accès équitable à l’ensemble des citoyennes et citoyens de la région, nous devons préserver les services publics et éviter ainsi toute forme de privatisation. Déjà que la contribution exigée par le gouvernement risque fort d’affecter une partie de la population, dont plusieurs sont des femmes. Nous considérons que d’augmenter le fardeau fiscal ne vient en rien permettre aux individus de sortir de la crise, eux qui se retrouvent déjà en situation précaire.
« Nous refusons que les budgets d’austérité et les réductions dans les services publics deviennent les moyens privilégiés de sortie de crise. Il est loin d’être certain que la reprise soit assurée. Les emplois créés récemment ne sont pas de même qualité que ceux qui ont été perdus au plus fort de la crise. Dans une perspective de retrouver des emplois de qualité, les solutions envisagées par nos gouvernements vont dans la mauvaise direction. Nous leur demandons de changer de cap », de marteler Gilles Chapadeau, porte-parole de la FTQ en Abitibi-Témiscamingue.
Des emplois de moindre qualité
La région n’est sûrement pas différente des autres régions ressources. En effet, au Québec, bien qu’il y ait eu récupération de certains emplois perdus depuis le début de la récession, entre autres dans le secteur minier, ce rattrapage s’est fait au détriment des emplois à temps plein. Selon Statistique Canada, au Québec, de novembre 2008 à août 2010, on enregistre un déficit de 22 000 emplois à temps plein contre une progression de 75 000 à temps partiel, aucune région n’a été épargnée.
L’austérité laissera sa marque
« À notre avis, le choix du gouvernement du Québec de hausser ses revenus ne devrait pas se faire par des mesures hautement régressives : augmentation de la TVQ, de la contribution santé, etc.. Devant une reprise anémique, nos gouvernements poursuivent une course contre la montre avec des échéanciers de retour à l’équilibre sur de trop courtes périodes », de rappeler Marc Nantel de la CSQ.
Comme si cela n’était pas assez, le gouvernement Harper a décidé de mettre fin aux prestations supplémentaires régulières de 5 semaines et de 20 semaines pour les travailleurs ayant plus d’ancienneté et de hausser les cotisations de l’assurance-emploi pour réduire le déficit qui se dessine. « Au détournement des 57 milliards de dollars de surplus s’ajoute une réduction inacceptable de l’admissibilité aux prestations alors que le nombre de chômeurs demeure élevé. Le gouvernement Harper doit plutôt maintenir, et même bonifier, les programmes mis en place l’an dernier », les dernières modifications n’ont rien apporté de significatif pour la région, de revendiquer Donald Rheault, du CCATNQ-CSN.
Pour les trois centrales syndicales présentes en région :
 La croissance et des emplois décents, et non l’austérité, sont essentiels pour combattre la crise et mettre un terme à la pauvreté ;
 Des services publics de qualité sont essentiels à une vie décente et ne doivent pas être réduits au nom d’un assainissement budgétaire ;
 Le secteur financier doit payer les dégâts qu’il a causés et doit oeuvrer pour servir l’économie réelle et répondre aux besoins humains.
« Le monde se trouve à une croisée des chemins : soit il rompt avec les politiques défaillantes du passé qui sont à l’origine de la crise et s’oriente vers un futur plus juste, durable et plus prospère, soit il retombe dans les injustices et la misère du passé laissant présager une hausse de la pauvreté et un chômage massif comme constante de nos sociétés », touchant les travailleurs et particulièrement les travailleuses de la région, elles qui, dans bien des cas, occupent des emplois précaires et moins bien rémunérés de conclure les porte-parole syndicaux de la région.