Modifications majeures réclamées à l’assurance-emploi Les sans-chemise choqués du silence des candidats conservateurs

Val-d’Or, le vendredi 10 octobre 2008 – La Coalition des sans-chemise, formée des trois plus importantes organisations syndicales de l’Abitibi-Témiscamingue et du Regroupement des sans-emploi, ainsi que leurs alliés du Regroupement d’éducation populaire et du Regroupement de femmes profitent de la fin de la campagne électorale pour s’indigner publiquement du silence des candidats Jean-Maurice Matte et Pierre Grandmaître dans le dossier de l’assurance-emploi. C’est ce qu’ont fait valoir MM. Gilles Chapadeau (FTQ), Donald Rheault (CSN), Marc Nantel (SEUAT), Laurier Gilbert (RESAT), Philippe Marquis (RÉPAT) et Catherine Sirois (RFAT) à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce matin à Val-d’Or.

Rappelons que la Coalition des sans-chemise unit les grandes centrales syndicales et les groupes du Conseil national des chômeurs et chômeuses. Elle propose les mesures suivantes pour améliorer le régime d’assurance-emploi :

– Une amélioration importante au régime d’assurance-emploi;
– Une augmentation notable du taux de prestations;
– Une plus longue période de prestations;
– L’abolition du délai de carence;
– La création d’une réelle caisse autonome.

Des demandes justifiées

Pour Marc Nantel, président du SEUAT : « Ce sont là des demandes tout à fait justifiées, compte tenu des surplus faramineux (57 milliards de dollars au 31 mars dernier) accumulés dans la caisse. Imaginez l’oxygène que de telles mesures insuffleraient aux familles des travailleurs forestiers de notre région et, par le fait même, à leurs enfants à qui nos membres enseignent au jour le jour. Ces surplus pourraient aussi servir à la formation des travailleurs sans emploi. On ne peut passer de mesureur de bois à mineur par miracle »

Le parti conservateur a bloqué le projet de loi C-269

« Un important travail entre nos centrales, le Conseil du travail du Canada, le Conseil national des chômeurs et chômeuses et les partis politiques de l’opposition (Parti libéral, NPD et Bloc Québécois) avait donné naissance au projet de loi C-269 qui a été bloqué en troisième lecture par le Parti conservateur. Il s’agissait d’une démarche historique. Nous avions là un projet, appuyé par une majorité à la Chambre des communes, qui améliorait l’accès au régime, augmentait le taux ainsi que la période de prestations. Les conservateurs l’ont balayé sans état d’âme au mois de novembre dernier !

Je me demande comment les candidats conservateurs de la région peuvent excuser pareil geste avec la crise forestière que nous vivons. Pour nous, c’est tout simplement inadmissible! », de dénoncer Gilles Chapadeau, conseiller régional à la FTQ.

Ramener l’assurance-emploi à sa mission première : protéger les travailleurs et les travailleuses

« Actuellement, plus de la moitié des cotisants et cotisantes ne peuvent avoir droit à des prestations ! L’assurance-emploi doit avoir pour objectif de protéger les travailleurs et travailleuses en leur assurant une sécurité économique entre deux emplois. Les surplus de 57 milliards permettent de remplir cette mission sans problème. Et ça, d’autant plus dans une période où les secteurs forestier et manufacturier vivent de très sérieuses difficultés alors que la menace de récession économique est chaque jour plus réelle », soutient Donald Rheault président du conseil central régional de la CSN.

Un silence choquant

« Le silence des candidats, qui souhaitent siéger aux côtés des conservateurs au Parlement canadien, est choquant, commente pour sa part Philippe Marquis agent sociopolitique du RÉPAT. Nous avons besoin de gens qui nous représentent à Ottawa. Le fait que les candidats conservateurs n’aient pris position sur presque aucune des questions sociales soulevées pendant la présente campagne suscite des doutes quant à leurs véritables positions. »

Un régime qui pénalise les femmes

Selon la coordonnatrice du Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue, Catherine Sirois, « les conservateurs sont convaincus qu’une bonification du régime d’assurance-emploi est une incitation à ne pas travailler. C’est pourquoi ils ont refusé d’abaisser le seuil d’admissibilité actuel de 910 heures, empêchant ainsi 68 % des femmes de toucher des prestations Ce sont les femmes qui occupent les emplois précaires ou à temps partiel dans une proportion de sept emplois à temps partiel sur dix, pas surprenant que peu d’entre elles arrivent à se qualifier. Elles paient des prestations sans pouvoir en bénéficier, grossissant d’autant les surplus accumulés. »

Nous ne lâcherons pas le morceau

« Les sans-chemise interviennent à tous les niveaux en solidarité avec les différents partenaires, nous avons presque réussi à faire adopter un projet de loi bonifiant l’assurance-emploi l’automne dernier. Nous ne lâcherons pas le morceau ! Nous sommes résolus et déterminés à aller jusqu’au bout de cette bataille : redonner un régime d’assurance-emploi juste et équitable pour tous les travailleurs et travailleuses en chômage. C’est une question de justice sociale pour tous et toutes ! Nous invitons tous les travailleurs et travailleuses ainsi que les membres de leur famille à faire parler leur vote. Le 14 octobre prochain, il faut barrer la route à ceux qui veulent nous appauvrir », conclut Laurier Gilbert du Regroupement des sans-emploi de l’Abitibi-Témiscamingue.