« Nous serons présents lors des audiences publiques pour faire entendre le point de vue des travailleurs et travailleuses que nous représentons » Gilles Chapadeau, conseiller régional, FTQ

Consultations sur le Livre vert sur la forêt

Rouyn-Noranda, le 11 mars 2008- La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) en Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec et le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) entendent bien être présents lors des audiences publiques sur le Livre vert sur la forêt que le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, a présenté récemment. « Nous avons bien des inquiétudes et des interrogations à transmettre au gouvernement Charest », a commenté M. Chapadeau. Précisons que le SCEP-FTQ représente plus de 80% des travailleurs dans tous les secteurs d’activités de l’industrie forestières en région.

A cette étape-ci des consultations, le SCEP-FTQ a cependant davantage de questions et d’inquiétudes que de solutions concrètes à apporter au débat. « La raison est simple : il manque plusieurs informations dans ce Livre vert. On propose plusieurs changements fondamentaux dans l’organisation de la forêt mais sans en avoir mesuré les impacts », a déploré M. Chapadeau

Rien de concret pour les travailleurs
D’entrée de jeu, le SCEP-FTQ a vivement condamné deux chose lors du dépôt du Livre vert sur la forêt: la première est que l’énoncé du ministre Béchard ne contient aucune mesure concrète pour les travailleurs et travailleuses. La seconde est que le gouvernement Charest n’a pas retenu les consensus dégagés lors du Sommet sur l’avenir de la forêt. « Et ça, c’est tout aussi surprenant que décourageant. On a travaillé fort avec tous les partenaires du Sommet pour tenter de mettre de l’avant des pistes de solution. La moindre des choses, c’est que l’on se serait attendu à ce que le ministre Béchard s’inspire de ces idées pour faire son Livre vert », de commenté Carl Proulx représentant du SCEP
Documentation et délais de consultation insuffisants
Le SCEP-FTQ déplore le manque d’études et de données au soutien du Livre vert sur la forêt. De même, les délais de consultation sont extrêmement serrés et rendent difficile, voire tout simplement impossible, une prise de position élaborée.

À titre d’exemple, le SCEP-FTQ s’inquiète des répercussions que certaines des mesures avancées auront sur l’emploi et les conditions de travail de ses membres à un moment où, déjà, l’incertitude règne. Le syndicat s’interroge notamment sur les impacts des orientations suivantes :

1. Abolition du système d’attribution de la ressource et des contrats d’approvisionnement et d’aménagement de la forêt (CAAF);

2. Bris du lien forêt-usine qui établissait une relation juridique pour nos accréditations en usine et en forêt versus le droit de premier preneur.
Mouvement des bois inter-usines pour une même compagnie;

3. Gestion et financement du fond en sylviculture;

4. Comment sera déterminé le zonage des zones de sylviculture intensive (ZSI) et des zones d’aménagement éco-systémiques (ZAE)?

5. Comment sera déterminée dans les unités d’aménagement forestier (UAF) la partie du 25% que le ministre entend confier aux régions pour la mise aux enchères? En effet, quels seront les impacts sur les travailleurs qui vont devoir changer d’employeur, quelles seront leurs conditions de travail et leur sécurité d’emploi?

6. Comment s’assurer d’un coût de fibre compétitif pour ne pas fragiliser davantage nos emplois dans la crise actuelle?

7. Comment réglera-t-on les différends régionaux entre les MRC et les municipalités concernant la gestion des territoires? À titre d’exemple, on n’a qu’à se rappeler le cas de Champneuf et la manière dont cette affaire a été gérée par la CRÉ.

Des réponses à nos questions et des garanties pour les travailleurs
« Au sortir de ces consultations, nous espérons obtenir les réponses à nos questions et l’engagement qu’aucune décision ne sera prise sans avoir obtenu des études d’impacts sur les nouvelles mesures proposées par le ministre. Nos travailleurs qui vivent déjà depuis trop longtemps de l’incertitude méritent d’avoir des réponses à toutes leurs questions et des garanties quant à leur avenir », a conclu M. Chapadeau.