Profilage, arrestations violentes : Le Réseau de Vigilance pointe du doigt le mépris du ministre Luc Blanchette pour la démocratie

Rouyn-Noranda, le jeudi 5 mai 2015. – Dénonçant à son tour l’arrestation violente d’un militant la semaine dernière à Rouyn-Noranda, le Réseau de Vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue s’indigne devant le recul constant des libertés d’opinion dans la région, surtout pour les groupes qui continuent de s’opposer à des politiques qui appauvrissent systématiquement les plus vulnérables de nos concitoyens. Aussi le Réseau de vigilance pointe-t-il du doigt le ministre Luc Blanchette qui s’en remet depuis deux ans aux forces de l’ordre au lieu de dialoguer avec les responsables des groupes sociaux.

Arrogance et mépris

Selon le RVAT, il va de soi que ce sont les échanges, même dans le cas où ils ne génèrent pas de consensus, qui rendent les sociétés solides, fortes et qui ne laissent pas tomber les plus pauvres d’entre leurs citoyens. «En Abitibi-Témiscamingue, les élus, qu’ils soient du palier fédéral, provincial ou municipal, avaient toujours démontré leur souci de contribuer à une dynamique de développement la plus équitable possible, pour chaque territoire, pour chaque citoyen. Mais avec l’arrivée de Luc Blanchette, ce souci s’est envolé d’un coup», affirme le président du Conseil central de la CSN-ATNQ, Donald Rheault. De son côté, le représentant régional de la FTQ, Gilles Chapadeau, questionne le réel attachement du ministre des Mines pour la chose démocratique. «En démocratie, n’est-il pas normal que des gens, des groupes, posent des questions, expriment publiquement leur désaccord ? N’est-il pas normal également que ceux et celles qui ne sont pas d’accord puissent vouloir rencontrer la personne qui a été élue pour les représenter ?»

Un appel à se réapproprier l’espace public

Les groupes et organisations membres du Réseau de vigilance sont tous et toutes d’avis que là où commence la violence, s’arrête le dialogue et qu’ainsi, les débordements du 29 avril dernier et du 1er mai 2015 à l’endroit de militants pacifiques ne peuvent que créer un climat de peur au sein d’organismes déjà fragilisés par le sous-financement, comme ceux qui contribuent à défendre les droits de personnes souvent très vulnérables. «Une des valeurs qui nous uni sans doute le plus au RVAT, autant pour les groupes sociaux que pour ceux du milieu syndical, c’est la liberté», estime la présidente du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Sylvie Nicole. «S’associer, se donner force commune, argumenter un point de vue dans l’espace public, voilà qui définit à la fois nos raisons d’être et d’agir. Or, les groupes sociaux ne peuvent actuellement plus agir à Rouyn-Noranda».

Le Réseau de Vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue lance donc à son tour un appel à participer à une marche citoyenne à 17h00 à Rouyn-Noranda. Redonnons à l’espace public sa parole citoyenne et à la démocratie, le dialogue.